Rendons la formation professionnelle plus attractive!

 

Deux événements significatifs ont jalonné ma semaine: la cérémonie de remise du prix aux meilleurs apprenti-e-s dans l'industrie (photo ci-dessus), ainsi que l'ouverture d'une "Permanence Graines d'Entrepreneurs". Genève peut faire encore davantage pour augmenter les chances des jeunes sur le marché du travail, certains d'entre-eux pouvant être de futurs employeurs.

Cette dernière semaine a été intense sur le front de l'emploi des jeunes. A ce titre, la cérémonie de remise du Prix UIG aux meilleur-e-s apprenti-e-s, organisée mardi soir au centre de formation de Pont-Rouge, mérite sans doute une attention particulière. Cette soirée placée sous l'égide de l’Office de Promotion des Industries et des Technologies (OPI) et l’Union Industrielle Genevoise (UIG) est une manifestation importante pour les jeunes talents. C'est une occasion de rencontrer les lauréat-e-s, de connaître leurs motivations et de comprendre ce qu’ils-elles attendent de la vie active.

Les échanges de ce mardi soir ont été extrêmement éclairants. Ces jeunes ont intégré le fait qu’ils devront se former en continu, tout au long de leur parcours professionnel. Ils ont aussi la perception du rôle fondamental que joue l’apprentissage dans l’industrie. A leur âge, certain-e-s ont même déjà compris les défis annoncés par les départs à la retraite des babyboomers, ceux liés à la 4e révolution industrielle et ont saisi la nécessité d'une adéquation entre les compétences acquises et les exigences futures des PME.

Toutefois, la plupart d'entre eux ont manifesté l’urgence, pour ce secteur clé de l’économie genevoise (quelque 1'700 entreprises, soit 15% du PIB et des emplois du canton, pour 60% de ses exportations), de saisir davantage l’esprit du temps, tout en répondant aux besoins actuels du marché. Une préoccupation que j'ai empoignée, au printemps dernier, avec mes collègues au sein de la délégation à l'économie.

Faire évoluer les cursus, pour changer les mentalités

Rappelons qu'à l’échelle fédérale, la majorité des jeunes choisit de faire un apprentissage, alors qu'à Genève le désintérêt pour la formation professionnelle reste tenace. La proportion de candidat-e-s à cette filière - directement après le cycle d’orientation - est inférieure à 5%.

Dans notre canton, l'apprentissage est encore trop considéré comme une voie "par défaut", ou menant à une impasse professionnelle et sociale. C'est pourtant un modèle de formation particulièrement envié à l’étranger. Il a d'ailleurs fait ses preuves: une fois leur diplôme en poche, 90% des apprenti-e-s trouvent un emploi stable dans les six mois.

Mieux expliquer ce qu'est la formation professionnelle, ne suffira pas pour faire évoluer les mentalités. Il faut à mon sens également revoir les filières, en profondeur. A commencer, notamment, par introduire ou accroître l’anglais en tant que discipline incontournable, insérer dans les programmes la maîtrise des soft skills - ces compétences non techniques qui mettent en avant les aptitudes sociales de l’individu -, ou encore favoriser les outils pédagogiques répondant aux enjeux du numérique.

Relève, immigration et progrès technologique

Le canton de Genève, tout comme le reste de la Suisse, est confronté à un triple défi: le vieillissement de sa population, le durcissement des lois sur l’immigration et l'évolution des technologies. Face à ces enjeux (relève, disposer localement d'une main d'œuvre qualifiée et s'adapter au numérique), l'apprentissage est une des réponses que doit promouvoir l’Etat, en partenariat avec les associations économiques et les entreprises formatrices.

La formation professionnelle est une opportunité d'intégrer une entreprise pour s'y développer, voire pour devenir indépendant-e par la suite. Il n’y a qu’en convainquant les apprenti-e-s qu'ils-elles pourront évoluer dans leurs connaissances, vers l’emploi et la perspective de métiers émergents, que l’on attirera davantage de jeunes vers cette filière et l'entrepreneuriat. Pour ce faire, l'Etat doit mettre en évidence les passerelles vers d’autres formations, comme aux HES-SO. Mais il doit surtout le faire en lien direct avec le processus d’innovation des entreprises.

Dans cet esprit, mon département a lancé cette semaine un partenariat avec l'Université de Genève, sous l'impulsion de l'association Graines d'Entrepreneurs, une permanence gratuite d'aide et de conseil au développement de projets et à la création d'entreprises, destinée à tous les adolescents et aux jeunes adultes. Définitivement, j'aime planter des graines.

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